Khôlle : les pauvres dans l'Angleterre élisabethaine

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Khôlle : les pauvres dans l'Angleterre élisabethaine

Message  Crumrin le Jeu 10 Jan - 20:28

Les pauvres dans l’Angleterre élisabéthaine.




La société élisabéthaine est une société hiérarchisée et ordonnée où chacun a une place qui lui est propre. Les transformations sociales et économiques que connaît l’Angleterre au XVIè siècle ont entraîné des modifications dans la structure de la population et ont eu des conséquences sur les conditions de vie de certaines tranches de cette population. C’est ainsi que l’on constate que la tranche la plus défavorisée de la société, les pauvres, tend à prendre de l’importance et à être un véritable sujet de préoccupations pour le gouvernement.
Pourquoi le problème des pauvres, même s’il est une réalité avant, apparaît plus visible sous le règne d’Elisabeth Ière et devient une préoccupation pour l’Etat ?


I/ Les pauvres dans la société anglaise élisabéthaine.

• Différentes causes de pauvreté.
L’Etat élisabéthain distingue 2 catégories de pauvres : ceux qui sont capables de travailler, et qui doivent donc trouver du travail ; et les autres, qui peuvent prétendre aux aides.
Dans les campagnes, les pauvres sont surtout des ouvriers agricoles et des journaliers qui gagnent peu et sont parfois obligés d’avoir un autre métier.
Les pauvres des campagnes avaient généralement moins de difficultés que ceux des villes.
Déplacement de la population pauvre dans l’espoir de trouver de la nourriture (voire du travail) → leur instabilité fait peur. Ils venaient souvent en ville.
Les vagabonds sont la catégorie la plus crainte de la population pauvre. La population et les autorités anglaises en avaient peur car ils étaient considérés comme élément de désordre et de rébellion. Etaient considérés comme des délinquants et source d’instabilité. Le vagabondage était assimilé à un délit.
La pauvreté touchait aussi des enfants, des femmes et des personnes âgées.

• L’assistance aux pauvres.
Ils ne sont pas abandonnés.
La famille, les voisins, les gens plus riches sont censés les aider : importance de la charité individuelle.
Les municipalités aidaient aussi souvent les pauvres. L’aide provenait des taxes plus ou moins volontaires prélevées par les villes ou l’Etat, des impôts ou des amendes.
En dernier recours, les pauvres étaient pris en charge par l’aide paroissiale.


II/ L’Etat et la pauvreté.

• Une estimation du nombre de pauvres difficile à évaluer dans l’Angleterre élisabéthaine.
Le nombre de pauvres est difficile à déterminer. Il est possible qu’il y ait eu une augmentation sur la période, mais avec de fortes variations suivant les régions. Cela pourrait être le résultat de la combinaison de l’inflation, de la croissance de la population, des épidémies ponctuelles de peste et des famines, et de la reprise du mouvement des enclosures au début du XVIIè siècle.

• Une plus grande visibilité des pauvres.
L’influence de l’humanisme → dégradation de l’image de la pauvreté chez les élites : perd son auréole de sainteté conférée au Moyen-Age et devient le fruit de la paresse, est un danger social, doit être combattue.
La disparition de l’Eglise catholique (et des monastères) qui prenait souvent en charge les pauvres → un vide à combler qui pousserait l’Etat à agir pour régler le problème.
La crainte de la déstabilisation politique et sociale (surtout en période de crise) → une méfiance envers les pauvres considérés comme source de désordre.

• La position de l’Etat par rapport à la question des pauvres.
L’Etat se préoccupe de la question de la pauvreté et met très rapidement en place un certain nombre de lois. Il cherche aussi à définir quelles sont les catégories de pauvres pour savoir ceux qui pourront prétendre à des aides.
Les politiques sur la pauvreté et le vagabondage visaient soit à punir les vagabonds, soit à soulager les pauvres "méritants". Les lois sont souvent prises en période crise ou par crainte du désordre. Elles s’accompagnent parfois de campagne d’arrestations et de sanctions (ex : entre 1569-71, mise en place par le Conseil privé).
La répression passait aussi par les maisons de correction autorisée par la loi de 1576 qui en prévoyait une dans chaque comté pour punir les mendiants récalcitrants.
Les pauvres, et surtout les vagabonds, semblaient inspirer une véritable crainte.
Cependant, les lois impopulaires n’étaient que très peu appliquées, et étaient parfois critiquées au Parlement (ex : la loi de 1571 était « trop dure et sanglante » selon un MP).


Les pauvres sont une réalité dans l’Angleterre depuis longtemps et ont toujours été plus ou moins intégrés. Cependant, ils semblent plus visibles sous le règne d’Elisabeth en Angleterre, et deviennent la source de nombreuses préoccupations pour le gouvernement, d’où le fait que plusieurs lois soient prises tout au long du règne (et jusqu’en 1601), la pauvreté étant un sujet d’inquiétude pour nombre de contemporains.
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