les maldives

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les maldives

Message  tiphaine le Mer 20 Fév - 17:33

Les Maldives




« Ces îles Maldives, sont au nombre des merveilles du monde. On en compte environ 2 mille. Il y a cent de ces îles et davantage qui se trouvent rassemblées circulairement en forme d’anneau » (IBN Battuta voyages). Cette citation d’Ibn Battuta témoigne de cette vision paradisiaque des Maldives qui est véhiculé par le gouvernement et les touristes.
Les Maldives regroupent 26 atolls naturels formant un ensemble de 1190 îles, dont la plupart son inhabitées. Perdu au milieu de l’océan indien, le pays se compose d’un ensemble de récifs coralliens qui se sont formés sur d’immenses volcans aujourd’hui disparus. Sable blanc, eau turquoise, soleil, faune et flore d’une beauté indescriptible sont néanmoins l’image que nous gardons des Maldives. Mais la question que l’on peut se poser est de savoir si derrière cette image idéalisée ne se cache pas une réalité plus douloureuse et sombre, celle d’une population qui tente d’accéder à un meilleur niveau de vie ?
Pour cela nous verrons que les Maldives sont une nation d’Iles dont la ressource principale est le tourisme puis nous nous intéresserons à la population et enfin nous analyserons la démocratie encore fragile que sont les Maldives.




Les Maldives disposent de très peu de ressources naturelles et minérales, les terres sont calcaires et donc peu fertiles, pour insuffler au pays un dynamisme éco, les dirigeants ont donc décider de faire jouer les atouts de l’île pour en faire un haut lieu touristique. Pêche et tourisme sont aujourd’hui les deux principales sources de revenus sur l’île. La pêche est la principale activité menée en dehors de Malé et des îles touristiques, elle emploie 19% de la main d’œuvre mais ne représente que 6% du PIB. Le tourisme quant à lui participe à hauteur de 33% du PIB, représente ¼ des emplois et 60% des recettes du pays en devise étrangère.
Le développement touristique des Maldives fut relativement précoce et impulsé par l’initiative privée. C’est avec l’aviation, que le tourisme et la mise en place d’un aéroport sur l’île d’Hululé à côté des Maldives en 1960. Un italien George Corbin reçut le projet de développer le tourisme sur l’île dans les années 70, et en 1972 né le premier complexe touristique. En 1978 le gouvernement décide de faire du tourisme l’une de ses priorités et créé un département du tourisme qui deviendra ensuite un ministère.
La 1ère industrie des Maldives, le tourisme, est géré et réglementé par le plan directeur du tourisme de 1996 sur la base de sun sea and sand. La stratégie consiste aujourd’hui à développer un nombre limité de stations touristiques de qualité.
La plupart des îles touristiques se trouvent à Malé, Vaavu, Bora, Lhavyani et Alifu.
Pour attirer les touristes on tente aujourd’hui de diversifier les produits touristiques tels que le surf, la plongée sous marine, la pêche à laquelle les touristes peuvent également participer. Ce qui est à remarquer c’est que l’économie des Maldives basée sur le tourisme est dépendante de la situation internationale et des catastrophes naturelles qui touchent assez fréquemment les pays d’Asie du sud.
Ainsi, en décembre 2004, l’économie des Maldives a largement souffert du tsunami. Si les dégâts humains ont été peu importants par rapport à d’autres pays d’Asie du sud, avec 83 morts, 25 disparus et 11000 sans abris la catastrophe a largement amputé l’éco. Des complexes touristiques ont été fermé et d’autre détruits. Economie a été sérieusement ébranlée par le tsunami et a été préjudiciable pour le PIB a hauteur de 62%. De plus en 2005, les recettes liées au tourisme ont subi une perte de 80 M de dollars. Le tourisme est donc une ressource éco fragile qui a tout moment peu être ébranlé par la nature et celle peu également être affectée par le tourisme, c’est pourquoi dans les années 80 le gouvernement a décidé de mener une action pour développer le tourisme tout en préservant l’environnement.
En effet, le ministère du tourisme a élaboré des formules très strictes pour guider le développement du tourisme dans l’archipel et assurer la protection de l’environnement. Celui-ci peut décider de la fermeture des îles touristiques qui ne respecterait pas les normes établies. Le gouvernement a établi des critères rigoureux permettant d’évaluer la capacité de charge des îles sur la base de plusieurs facteurs : le contrôle strict de l’abatage des arbres de telle manière que la paysage de l’île soit maintenu en l’état et qu’aucun bâtiment ne dépasse la cime des arbres. Pour chaque bâtiment construit sur le lagon, un espace d’une superficie équivalente doit demeurer vacant sur l’île afin de favoriser la perception du paysage pour les touristes et de promouvoir les activités de plage. Toutes les chambres doivent faire face à la plage. 68% de la longueur totale de chaque île touristique doit être utilisé pour les chambres, 20% pour les services et 12% doivent demeurer vacants. Il a également été mis en place pour préserver l’environnement, une collecte et désalinisation de l’eau de mer, une collecte d’eau de pluie, l’interdiction pour les touristes de prélever un fragment de récifs coralliens. Il s’agit donc pour le gouvernement de protéger avant tout l’environnement qui est le principal atout touristique de l’île, à cet effet le pays a également fait appel à la communauté internationale afin que celle-ci agisse contre le réchauffement climatique qui menace l’île par la submersion.
Le second problème qui apparaît avec le tourisme c’est des touristes venus pour s’amuser et les populations maldiviennes. C’est pour cela que dès le début, la solution choisie à été de séparer l’activité touristique ainsi sur les 200 îles habitées, 80 sont réservées au tourisme. Chaque station touristique occupe une île séparée et chacune évolue en quasie autarcie accessible seulement par bateau depuis l’aéroport international. La plupart des stations ont été créé ex nihilo, sur des îles inhabitées afin de réduire autant que possible les impacts sociaux culturels liés à l’afflux touristique. Ce que l’on appelle aussi des « resort »fonctionne de manière autonome avec ses propres structures de gestion et d’approvisionnement souvent par commande direct par l’étranger, car les principales denrées sont importées. Chaque station possède également ses propres installations destinées au logement des ses employés. Pour que les touristes puissent aller visiter les autres îles il faut des autorisations spéciales, afin de ne pas déranger les pops. Cependant, le modèle de développement touristique maldivien soulève le problème de l’ « enclave », du « ghetto » touristique, mais ce système d’îles hôtels a permis de minimiser les aspects négatifs du tourisme, permettant aux cultures locales, aux traditions et aux style de vie de subsister face à la pression étrangère .

Face aux touristes aux mœurs légères, vie une population maldivienne, ils sont à peu près 270 100 sur toutes l’île et 68 000 d’entre eux sont concentrés sur l’île de Malé, qui vit plutôt de manière tradi selon les principes du Coran. Ces îles furent peuplées par des vagues d’immigration venues de l’Inde et de Ceylan dans les 1ers siècles de l’ère chretienne. C’est en 1153 que le pays est converti à l’Islam, et depuis 1997, la constitution a fait des Maldives une république où l’islam est religion d’Etat. La population des Maldives est assez unifiée et les autorités maldiviennes cultivent une identité nationale forgée sur 3 principes : un seul peuple (280 maldiviens de souche), une seule religion (islam sunnite officiellement à 100%), et une langue commune le Divehi.
La population tout comme dans les autres pays d’Asie du sud est majoritairement rurale puisque seul 29% des maldiviens sont urbains. La fécondité est également assez élevée puisque l’indice est de 4,1 enfants par femme soit presque deux fois plus qu’en France et 44% de la pop a moins de 14 ans. C’est donc une pop jeune, rurale, ancrée dans les traditions qui habite les maldives, on comprend donc toute la difficulté de faire cohabiter les maldiviens avec des touristes à moitié dévêtus avec l’alcool qui coule à flot lors des soirées.
Là où le contraste le plus fort apparaît dans les Maldives c’est en ce qui concerne le niveau de vie des touristes et des maldiviens. En effet face aux touristes qui ne paient pas en dessous de 350 euros la nuit, qui vivent dans le luxe et ne regardent pas à la dépense vit une population qui peine à trouver les ressources nécessaires pour vivre correctement. Près de la moitié de la population gagne moins 1,25 dollars US par jour. Le taux de chômage est élevé en de la faible éducation des jeunes (même si le taux d’alphabétisation est le plus élevé du monde indien) et des possibilités d’emploi qui sont limitées. De nombreuses communautés vivent dans des conditions de difficulté et de vulnérabilité extrême en raison des problèmes de surpeuplement (puisque la densité moyenne est de 1097 hab./km²)et des problèmes environnementaux (érosion des sols, désertification et épuisement des ressources en eau douce) qui fragilisent ces îles. La pauvreté et la précarité dans les Maldives est accentuée par les contraintes géographiques, c'est-à-dire, l’éloignement des îles et leur difficile accessibilité. Ces petites îles dispersées représentent une source de pauvreté et un obstacle au dvpt, c’est pourquoi le projet du gvt est de regrouper les maldiviens sur des îles plus étendues, plus sûres et écologiquement plus viables. Ainsi, en 2002 un programme encourage la migration volontaire vers les grandes îles .L’objectif est de rassembler la population en petits groupes d’agglomération dans 5 centres de dvpt régional comprenant chacun une île focale et plsrs îles primaires.
On observe aussi une grande disparité des conditions de vie. La vie à Malé, est bien plus confortable, ceci s’explique comme nous l’avons vu précédemment par l’éloignement des îles et le manque d’infrastructures et de services dans les îles.
Outre la pauvreté criante aux maldives ce qui peut frapper par rapport à l’image d’un pays paisible que les touristes isolés ont de ces îles, c’est le gouvernement et les actions politiques. Depuis 3 décénnies, c’est le président Maumoon Abdul Gayoom qui gouverne l’île ( il est aussi appelé le PDG des Maldives car il gère le pays comme une véritable entreprise). Cependant ce qui porte le nom de démocratie ressemble plus à une dictature puisque, le président contrôle le système judiciaire (il peut nommer et limoger les juges), le pouvoir législatifs (nomme et limoge les ministres et nomme 8 députés), il contrôle tous les médias. De plus, le président a la possibilité de modifier les décisions rendues par la Haute Cour de justice.
Les libertés de cultes et d’expression sont limitées, les arrestations arbitraires. En janvier 2005, Amnesty international a publié un rapport faisant état de violences exercées à l’encontre des prisonniers.
C’est un véritable état policier qui règne aux maldives pour preuve, en 2005 Jennifer Latheef une jeune femme qui manifestait pacifiquement contre les violences a été condamné à 10 ans de prison, où elle a subi de nombreux traitements dégradants.
La république des Maldives est dotée de ce que l’on appelle un gouvernement à fort pouvoir exécutif. Les lois qui régissent le pays sont largement inspirées de la shariah, la loi musulmane.
Cependant depuis peu, depuis mars 2006 sous la pression populaires des réformes ont été promises quant aux droits de l’homme, à l’indépendance du pouvoir judiciaire et au renforcement du rôle des médias. Mais ces réformes sont au goût de l’opinion publique trop lente ce qui génère des tensions.



Derrière le paysage idyllique des Maldives se cache une réalité tout autre. En effet, la population souffre de la pauvreté, du chômage, du manque de ressources naturelles et peine à vivre dans des conditions décentes. La population doit également subir les injustices d’une dictature qui se prétend être une démocratie parlementaire, même si des progrès ont été fait depuis peu sur ce point. Si la beauté de l’île est un atout pour le tourisme qui est la première source de recette du pays, elle est aussi pour beaucoup dans l’économie à deux vitesses qui caractérise la vie sur les îles des Maldives.

tiphaine

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Re: les maldives

Message  o2 le Mer 20 Fév - 20:56

génial, ça tombe à pic, merci!

o2

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